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    L’actu vue par Remaides : « On licencie dans les agences de santé et de recherche aux États-Unis »

    • Actualité
    • 04.04.2025

     

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    Manifestation pour dénoncer les attaques de l'administration Trump contre la science et les agences de recherche américaines en marge de la Croi 2025, en mars dernier, à San Francisco. Photo : Brooke Anderson.

    Par Jean-François Laforgerie

    On licencie dans les agences de santé et de recherche aux Etats-Unis

    Ces dernières semaines ont encore été marquées par les conséquences des décisions de l’administration Trump sur la santé mondiale et sur les enjeux de santé et de recherche aux États-Unis. Les craintes sont telles que même les stars de la country du pays se sont mobilisées pour défendre le programme Pepfar de lutte contre le sida dans le monde. Début avril, les premiers licenciements dans les agences de santé américaines ont eu lieu.
    En fin d’article, une autre info Monde.

    Début des licenciements dans les agences de santé aux Etats-Unis
    Le gouvernement de Donald Trump a lancé mardi 1er avril une large vague de licenciements de fonctionnaires du ministère de la Santé et de plusieurs agences sanitaires, dans le cadre d’un plan de restructuration majeur qui prévoit la suppression de 10 000 postes à l’échelon fédéral. Selon des photos et témoignages publiés sur les réseaux sociaux, les employés-es ont appris brutalement leur licenciement tôt le matin par email ou en arrivant directement sur leur lieu de travail, leur badge d’accès ayant cessé de fonctionner. Ces licenciements touchent divers services du ministère (HHS) et des agences fédérales qu’il supervise, comme celles chargées de l’approbation de nouveaux médicaments (FDA), de la réponse aux épidémies (CDC) ou de la recherche médicale (NIH). « Ce sont ces personnes qui s’assurent que les médicaments que vous et vos enfants prenez soient sûrs. Ce sont ceux qui réalisent et supervisent des recherches sur le cancer, la santé des enfants et bien d’autres choses. Ce sont ceux qui veillent à ce que les nouveaux appareils utilisés par les médecins et les patients soient efficaces », a dénoncé sur X le médecin urgentiste et professeur à l’université Brown, Craig Spencer. Ces licenciements sont le préalable à un « plan de réorganisation massive » lancé et mis en œuvre par le ministre de la Santé Robert Kennedy Jr. Ce plan a suscité une levée de boucliers tant de l’opposition démocrate que d’experts-es du domaine de la santé. Plusieurs services doivent être fermés ou fusionnés afin de permettre un « réalignement » du ministère, dont la première priorité sera désormais la lutte contre les maladies chroniques comme le diabète ou l’obésité, a expliqué le ministre. Et les effectifs doivent passer 82 000 employés-es à temps plein à 62 000, des départs volontaires ou en retraite anticipée s’additionnant aux 10 000 licenciements prévus. Ces limogeages surviennent simultanément à l’entrée en fonction de Jay Bhattacharya à la tête de l’agence chargée de la recherche médicale (NIH). Dans un courriel interne consulté par l’AFP, cet économiste choisi par l’administration Trump a reconnu « l’impact profond » qu’auraient ces licenciements « sur les principales fonctions administratives des NIH ». D’après des médias américains, plusieurs hauts responsables de ces agences se sont, par ailleurs, vu proposer cette semaine une réaffectation dans des lieux isolés, en plein milieu de l’Alaska ou de l’Oklahoma. « La FDA telle que nous la connaissions n’existe plus », s’est indigné (1er avril) Robert Califf, ancien patron de l’agence du médicament. « Je pense que l’histoire retiendra qu’il s’agissait d’une énorme erreur », a-t-il poursuivi. Cette refonte des agences sanitaires américaines se produit au moment même où les États-Unis font face à une crise sanitaire d’ampleur avec le retour de la rougeole dans le pays.

    Lutte contre le sida : le cri d'alerte des stars de la country aux Etats-Unis

    Mobilisation. Une vingtaine d’artistes américains-es de country (parmi lesquels-les des stars comme Brad Paisley, Maren Morris, Sheryl Crow, Amy Grant, Darius Rucker, LeAnn Rimes, etc.) a signé une lettre ouverte dimanche 30 mars, demandant au Congrès américain de continuer le programme Pepfar de lutte contre le sida dans le monde ; projet actuellement gelé du fait d’un décret pris par Donald Trump en janvier 2025. Cette lettre ouverte appelle donc le Congrès américain à continuer de financer le Plan d’urgence du président pour la lutte contre le sida (Pepfar) « pour mettre fin à l’épidémie mondiale de VIH/sida d’ici 2030 ». Ce programme, qui a sauvé des millions de vies depuis sa création, fournit des traitements antirétroviraux à plus de 20 millions de patients-es, principalement en Afrique subsaharienne. Il est aujourd’hui menacé par les décisions de l’administration Trump. « Amérique, saviez-vous que vous avez été le premier pays à sauver la vie de 26 millions de personnes du VIH/sida dans le monde ? C’est grâce à un programme appelé Pepfar », ont souligné les artistes dans une lettre ouverte publiée dimanche 30 mars dans The Tennessean. Comme l’indique Le Figaro, cette lettre souligne l’importance humanitaire et stratégique d’un investissement continu dans le programme : « Pour des raisons de sécurité nationale, d’économie et de santé publique, c’est la bonne chose à faire. » 

    Il manque 2,5 milliards de dollars à l'OMS pour boucler son budget

    Gouffre. Faute de fonds de la part de l’administration Trump, il manque 2,5 milliards de dollars à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour boucler son budget 2026-2027 ; un budget déjà sérieusement raboté, selon les informations de la revue Health Policy Watch, publiées le 2 avril. Après l’annonce de Donald Trump de se retirer de l’agence sanitaire des Nations unies, l’OMS a progressivement réduit son budget biennal de 5,3 milliards de dollars à 4,2 milliards. Mais ce coup de rabot drastique n’est pas suffisant pour atteindre l’équilibre : il reste un trou de 1,9 milliard de dollars. Jusqu’à présent, les États-Unis étaient historiquement le plus grand donateur de l’agence onusienne avec une part de 14 %, voire parfois davantage. Au trou financier qui a été annoncé au personnel, le 2 avril, vient s’ajouter près de 600 millions de dollars qui manquaient déjà pour le budget de l’année en cours. Washington a contribué au financement de l’OMS à hauteur de 1,3 milliard de dollars lors de la période budgétaire 2022-2023. Washington n’a jamais payé ses cotisations pour 2024 et ne devrait pas payer pour 2025. Les États-Unis doivent 260 millions de dollars en cotisations uniquement pour 2024-2025, selon des chiffres de l’OMS. Tout récemment, le directeur général l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a informé le personnel que l’agence n’avait « d’autre choix » que de commencer à réduire la voilure. « Ces mesures s’appliqueront d’abord au niveau du siège, en commençant par les hauts dirigeants, mais affecteront tous les niveaux et toutes les régions », a expliqué le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus. En mars dernier, il a demandé, en vain, à Washington de reconsidérer ses réductions du financement de la santé mondiale, avertissant que l’arrêt soudain de cette aide menaçait des millions de vies. Il a souligné que les perturbations des programmes mondiaux de lutte contre le sida pourraient à elles seules conduire à « plus de dix millions de cas supplémentaires d’infections par le VIH et à trois millions de décès liés au VIH ».

    En bref, une autre info Monde

    Des eurodéputés-es à la Marche des Fiertés à Budapest pour défier l'interdiction

    Fronde. Plusieurs eurodéputés-es ont annoncé mercredi 2 avril qu’ils-elles se rendraient à Budapest le 28 juin pour la marche annuelle des fiertés homosexuelles, défiant une loi récemment adoptée en Hongrie pour interdire cet événement. La nouvelle législation, adoptée en mars, a poussé des milliers de Hongrois-es à manifester. Ils-elles ont reçu le soutien de la Commissaire européenne à l’Égalité, Hadja Lahbib, qui a rappelé le « droit fondamental » de réunion pacifique dans l’Union européenne. Lors d’un débat au Parlement (2 avril), une douzaine d’eurodéputés-es dont les Françaises Mélissa Camara (Verts) et Fabienne Keller (Renew) ont déclaré qu’ils-elles se rendraient à Budapest en signe de solidarité. Parmi eux-elles, des membres des Verts, de la Gauche, du groupe centriste Renew et des Socialistes et Démocrates (S&D) dont la présidente Iratxe Garcia Perez avait déjà annoncé son intention d’aller à Budapest, indique l’AFP. Csaba Molnar, un eurodéputé socialiste hongrois, a appelé à « se retrouver en juin à Budapest ». « Montrons que l’Europe n’est pas fondée sur la haine mais sur le respect mutuel », a-t-il déclaré. Marc Angel, chef de file de l’intergroupe LGBTIQ+ du Parlement, qui rassemble une centaine de députés-es européens-nes issus-es de cinq groupes politiques (PPE, S&D, Renew, les Verts et la Gauche), a expliqué à l’AFP qu’il espérait que « de nombreux eurodéputés aillent [à Budapest] ». L’eurodéputé Daniel Freund (Verts), qui fait partie des eurodéputés-es qui se rendront à Budapest, a exhorté la Commission européenne à se montrer plus sévère à l’égard de la Hongrie et à « geler tous les fonds européens jusqu’à ce que la démocratie, l’État de droit et les libertés fondamentales des Européens soient enfin rétablis ». Des milliards d’euros de fonds européens sont déjà gelés. « La Commission n’hésitera pas à prendre des mesures supplémentaires et, le cas échéant, à lancer des procédures d’infraction pour garantir le respect de l’État de droit et des droits fondamentaux en Hongrie », a déclaré Michael McGrath, commissaire européen chargé de la Justice.