Je fais un don

    L’Actu vue par Remaides : « La durée de passage aux urgences en nette hausse »

    • Actualité
    • 21.03.2025

    course_vaccin.jpg

    DR

    Par Jean-François Laforgerie

    La durée de passage aux urgences
    en nette hausse

    Les durées de passage aux urgences ont considérablement augmenté en dix ans, avec une hausse de 45 minutes de la durée médiane des séjours, d’après un baromètre publié mercredi 19 mars 2025 par la Drees (direction statistique des ministères sociaux). Explications.
    En fin d’article, d’autres infos Santé et Social.

    La durée de passage augmente quels que soient les parcours des patients-es

    En dix ans, la hausse du nombre de patients-es aux urgences s’est accompagnée d’un allongement des durées de passages (entre l’enregistrement administratif et la sortie du service). En 2023, un jour moyen en semaine, la moitié des personnes prises en charge aux urgences y passe plus de trois heures, soit 45 minutes de plus qu’en 2013, indique la Drees.
    La durée passée aux urgences varie fortement selon les parcours des patients-es, mais la hausse est générale. Lors de leur passage aux urgences, certains-es patients-es sont ainsi placés-es en observation en unité d’hospitalisation de courte durée (UHCD) au sein du service des urgences : ces personnes ont les durées de passage les plus longues. 
    Parmi les patients-es qui rentrent à domicile à l’issue des urgences sans être hospitalisés-es et sans être passés-es en UHCD (80 % des patients-es), la moitié d’entre eux-elles ont passé plus de deux heures trente aux urgences, contre une heure et cinquante minutes en 2013. Pour ceux-celles hospitalisés-es dans un autre service à la sortie des urgences sans être passés par l’UHCD (11 %), la durée médiane a augmenté de 3 heures 55 en 2013 à 5 heures 20 en 2023 ; et pour ceux-celles passés-es en UHCD sans être hospitalisés-es dans un autre service ensuite (5 %), de 12 heures 30 à 14 heures 50.

    La durée de passage aux urgences augmente avec la taille du service et l'âge des patients-es

    La durée de passage augmente avec la taille du service : la moitié des patients-es passent moins de deux heures dans les points d’accueil qui reçoivent 40 patients-es ou moins en 24 heures, contre 3 heures 50 dans ceux avec plus de 120 passages. Les temps de passage longs concernent très rarement les enfants (3 %), mais concernent en revanche 36 % des personnes de 75 ans ou plus (contre 24 % en 2013). Le parcours des patients-es âgés-es comporte davantage d’examens médicaux et de séjours en UHCD que celui des plus jeunes. Les difficultés à trouver un lit dans un autre service pour ces patients-es plus souvent hospitalisés-es à la sortie des urgences affectent aussi ces durées.

    Avant la venue aux urgences, des difficultés d'accès aux soins de ville pour 21 % des patients-es

    Les patientes et les patients venus-es le jour de l’enquête ont été interrogés-es sur le parcours qui a précédé leur arrivée aux urgences, notamment les raisons de venue aux urgences plutôt qu’ailleurs. La moitié des personnes répondent qu’elles ont été adressées directement par un médecin ou transportées par un véhicule de secours. Par ailleurs, 62 % mentionnent une raison liée à la spécificité de prise en charge du service des urgences : en particulier 35 % des patients-es estiment que seules les urgences sont médicalement adaptées pour prendre en charge le problème de santé pour lequel ils-elles sont venus-es. Parmi les autres raisons de venue aux urgences, 21 % des patients-es mentionnent un problème pour obtenir un rendez-vous médical par ailleurs (médecin traitant absent, impossibilité de trouver un rendez-vous médical y compris en cas de besoin d’un examen rapide). Ils-elles étaient 14 % à invoquer cette raison en 2013. La densité de médecins généralistes en France a baissé entre 2013 et 2023.

    La traumatologie, la gastro-entérologie et les pathologies cardio-circulatoires sont les trois principaux motifs de recours aux urgences
    La traumatologie (blessures, plaies, brûlures, etc.) concerne un tiers des passages aux urgences en 2023, la gastro-entérologie et les pathologies cardio-circulatoires, un dixième des passages chacun. Les motifs de recours sont très différents selon l’âge des patients-es, indique l’étude de la Drees.

    Entre 15 et 74 ans, on constate une diminution de la traumatologie dans les motifs de venue aux urgences, puis une augmentation progressive des motifs cardio-circulatoires qui est observée avec l’avancée en âge. À partir de 75 ans, les personnes ont recours aux urgences pour des motifs traumatologiques dans 25 % des cas, pour des problèmes cardio-circulatoires (16 %), pour des motifs autres, principalement en raison d’une altération de l’état général, d’une asthénie, ou d’une anomalie de résultats biologiques (15 %) et pour des problèmes respiratoires (9 %).
    Source.

    Un peu de méthode à propos de l'enquête de la Drees

    L’enquête Urgences 2023 a été conduite auprès des 58 500 patients-es s’étant présentés-es dans les 719 points d’accueil des urgences de France. Elle concerne tous les points d’accueil des structures des urgences générales et pédiatriques, mais pas les urgences spécialisées (SOS mains, urgences dentaires, psychiatriques, ophtalmologiques ou gynécologiques, etc.). Cette enquête a été réalisée le mardi 13 juin 2023, de 8 h le matin au lendemain à 8 h. Comme en 2013, le jour de collecte a été choisi pour éviter les périodes de forte affluence. De ce fait, les données ne sont pas représentatives de l’activité globale annuelle ni hebdomadaire des urgences, notamment des pics d’activité générés par les épidémies hivernales ou constatés les lundis. L’enquête éclaire sur les évolutions structurelles majeures survenues depuis dix ans. L’enquête Urgences 2023 a été conduite en partenariat avec la Société française de médecine d’urgence (SFMU) et le Groupe francophone de réanimation et d’urgences pédiatriques (GFRUP), et en collaboration avec SUdF, l’Amuf, la Fedoru et le SNUHP.

    En bref, d'autres infos Santé et Social

    Lancement de Lactavih : un observatoire national pour le suivi de l'allaitement chez les femmes vivant avec le VIH

    L’AP-HP et l’ANRS Maladie infectieuses émergentes (ANRS MIE) ont lancé Lactavih, un observatoire national pour le suivi de l’allaitement chez les femmes vivant avec le VIH. Comme l’explique un article, tous-tes les professionnels-les en contact avec « les mères allaitantes au sein vivant avec un VIH en France » peuvent inscrire des patients dans cet observatoire. Une communication de l’AP-HP rappelle que « jusqu’à récemment, en France, l’allaitement au sein était contre-indiqué pour les mères vivant avec le VIH. Depuis la publication en 2024 des nouvelles recommandations françaises de la HAS/ANRS MIE/CNS : « Grossesse et VIH », il est « désormais possible d’envisager l’allaitement sous certaines conditions strictes de contrôle de la charge virale et en suivant un protocole précis ».
    L’observatoire Lactavih a pour mission de « suivre tous les cas d’allaitement maternel chez les femmes vivant avec le VIH en France, y compris dans les territoires d’Outre-mer. » Son principal objectif est de « vérifier l’absence de transmission du VIH de la mère à l’enfant dans des conditions optimales. » L’observatoire entend être exhaustif, incluant ainsi toutes les femmes allaitantes vivant avec le VIH.  Comme le souligne la communication : « La déclaration des cas d’allaitement maternel au sein des mères concernées peut être effectué par tous les médecins ou sage-femme. » L’intégration des données concernant la mère et son enfant dans l’observatoire Lactavih sera réalisée via une plateforme numérique sécurisée. Les données sont ensuite anonymisées et transcrites dans la base de données de l’observatoire Lactavih qui sera centralisé à l’unité de recherche clinique (URC) Paris Nord Secteur Ouest situé à l’hôpital Bichat – Claude-Bernard AP-HP.
    Pour en savoir plus sur l’observatoire.

    Les dîners et brunchs conviviaux de Basiliade Béranger

    « Vous êtes concerné-e par le VIH ? Basiliade est là pour vous », énonce un flyer de l’association Basiliade Béranger (Paris) qui propose, entre autres services, des dîners conviviaux les mercredis, vendredis et dimanches de 19h à 22 h (pour des raisons d’organisation, l’arrivée avant 19h30 est impérative) et des brunchs, les mardi et jeudis de 9h30 à 12h. Le lieu d’accueil de Béranger (12, rue Béranger. 75003 Paris) est un espace chaleureux et inclusif dédié aux personnes vivant avec le VIH. Ce lieu offre un cadre bienveillant où chacun peut trouver du soutien, rompre l’isolement et participer à des activités collectives. On y trouve donc des repas, de la convivialité, du soutien psychologique notamment pour les personnes en précarité de santé, sociale, psychologique. De plus des distributions de denrées pour les personnes en situation de précarité suivies dans les divers dispositifs de l’association sont proposées.
    Plus d’infos ici.

    Fin de vie : le ministre Yannick Neuder défend une "aide à mourir" restreinte

    Ce n’est pas gagné ! L’accès à une aide à mourir peut être légitime dans certains cas, mais les critères doivent être encore plus stricts que ne le prévoit l’actuelle proposition de loi, estime le ministre en charge de la Santé et de l’Accès aux soins Yannick Neuder dans une interview au Monde. Le ministre, lui-même médecin, défend plutôt des soins palliatifs « accessibles pour tous et partout ». Le choix du Premier ministre François Bayrou de scinder le projet sur la fin de vie en deux textes, l’un sur les soins palliatifs, l’autre sur l’aide à mourir, « permet à chaque parlementaire de se déterminer en son âme et conscience » et « évite que le rejet du second n’entraîne celui du premier », considère le ministre. Car si « le texte sur les soins palliatifs devrait recueillir une large majorité », « le positionnement du Parlement sur l’aide à mourir me paraît incertain », glisse le ministre (LR), près de deux mois avant l’examen à l’Assemblée nationale des deux propositions de loi. « Si les soins palliatifs étaient accessibles pour tous et partout, le nombre de demandes de mort médicalement assistée serait faible, voire anecdotique », estime ce cardiologue hospitalier. L’État promet un engagement de 1,1 milliard d’euros supplémentaires d’ici 2034 pour les soins palliatifs. Hostile à une décision « prise par un seul médecin » concernant le suicide assisté, le ministre plaide pour une « collégialité », en plus d’un volontariat des médecins accomplissant un geste létal.
    Plus d’infos ici.

    Cannabis thérapeutique : un premier pas vers la généralisation de son utilisation en France

    Avancée. Les textes définissant l’autorisation du cannabis à usage thérapeutique ont été transmis à la Commission européenne, ce qui constitue une étape importante vers sa généralisation en France, indique l’AFP (20 mars). C’est une étape importante vers l’autorisation de traitements à base de cannabis en France. Si un flou régnait sur la question depuis plus d’un an, le gouvernement a annoncé, mercredi 19 mars, une formalité administrative cruciale. « Les textes définissant le cadre de production et d’autorisation du cannabis à usage médical ont été notifiés à la Commission européenne », a rapporté dans un communiqué le ministère de la Santé. L’usage médical du cannabis, contre la douleur et l’anxiété, a fait l’objet pendant plusieurs années d’une expérimentation en France, alors que nombre de pays permettent déjà de proposer ces traitements. Jugeant que cette expérimentation avait porté ses fruits, les parlementaires avaient voté fin 2023 des mesures qui devaient permettre la commercialisation de traitements à base de cannabis. Mais ces dispositions n’étaient jamais entrées en vigueur car elles nécessitent que le ministère de la Santé en fasse officiellement part à la Commission européenne. En fonction des discussions avec l’Union européenne, les experts-es estiment qu’il faut au moins compter six mois après cette notification pour envisager l’arrivée concrète de traitements. Par ailleurs, comme l’a rappelé le ministère, le remboursement éventuel de ces traitements dépendra d’une évaluation par la Haute Autorité de santé (HAS). Or, les bénéfices du cannabis médical ne font pas consensus. La principale étude de référence, publiée en 2021 dans le British Medical Journal (BMJ) et réalisée à partir de nombreux autres travaux, concluait que le cannabis médical permet d’améliorer de façon « limitée » ou « très limitée » la situation des patients-es.
    Le ministère a, par ailleurs, éclairci la situation des patients-es traités-es dans le cadre de l’expérimentation. Elle se terminait fin 2024 et les participants-es sont confrontés-es au risque de se voir privés-es de leur médicament avant la généralisation effective de ces traitements. Un délai leur avait déjà été accordé jusqu’à l’été 2025. Le ministère de la Santé a annoncé que la date avait été repoussée au printemps 2026, un report qui permet théoriquement de se projeter jusqu’à une généralisation.