L’actu vue par Remaides : « Un candidat vaccin contre la chlamydia obtient la désignation Fast Track de la FDA »
- Actualité
- 05.04.2025
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Par Fred Lebreton et Jean-François Laforgerie
Un candidat vaccin contre la chlamydia obtient la désignation Fast Track de la FDA (Etats-Unis)
Nouvelle importante dans le champ de la prise en charge des IST : un candidat vaccin contre la chlamydia obtient la désignation Fast Track de la Food and Drug Administration (l’agence américaine du médicament). En France, des inquiétudes se font quant aux menaces contre la « démocratie citoyenne ».
En fin d’article, deux autres infos Santé et Droits.
Chlamydia : un candidat vaccin obtient la désignation Fast Track de la part de l'agence américaine du médicament (FDA)
Dans un communiqué publié le 26 mars dernier, on apprend que la Food and Drug Administration (FDA) américaine a accordé la désignation Fast Track au candidat vaccin à ARNm développé par Sanofi pour prévenir l’infection à chlamydia. Cette IST peut entraîner infertilité et complications pendant la grossesse. La désignation Fast Track de la FDA est un statut accordé à certains médicaments ou vaccins en développement qui ciblent des maladies graves ou des besoins médicaux non satisfaits. Concrètement, cela signifie que le développement et l’examen du vaccin seront accélérés pour permettre une mise sur le marché plus rapide si les résultats sont concluants. Ce vaccin vise à protéger contre l’infection primaire et les réinfections causées par la Chlamydia. Malgré la disponibilité d’antibiotiques, plus de 80 % des cas sont asymptomatiques, favorisant la transmission et rendant insuffisantes les stratégies actuelles de contrôle. En 2020, 129 millions de cas ont été recensés dans le monde, touchant principalement les adolescents-es et jeunes adultes. Sanofi s’apprête à lancer une étude clinique de phase 1/2 pour évaluer l’immunogénicité et la sécurité du vaccin chez des adultes de 18 à 29 ans. « Des millions de personnes vivent avec une infection non diagnostiquée pouvant entraîner de graves complications. Nous visons à faire de la chlamydia une maladie évitable grâce à la vaccination », souligne Jean-François Toussaint, responsable mondial de la recherche et du développement des vaccins chez Sanofi. Ce projet s’inscrit dans le cadre du Translational Science Hub, un partenariat entre Sanofi et des institutions australiennes, dont l’université du Queensland, afin de connecter les chercheurs-ses australiens-nes avec ceux-lles de la firme en France et aux États-Unis.
"Menace sur les Ceser : on ne touche pas à la démocratie citoyenne !"
Les Ceser (conseils économiques, sociaux et environnementaux régionaux) vivraient-ils leurs dernières heures ? « Une chose est sûre : les conseils économiques sociaux et environnementaux régionaux sont en sursis depuis que la Commission spéciale pour l’examen du projet de loi sur la simplification de la vie économique de l’Assemblée nationale a voté, le 24 mars dernier, leur suppression dans toutes les régions », explique un communiqué de France Assos Santé (FAS). Cette « menace » est prise au sérieux et contestée.
« L’amendement adopté le 24 mars par la commission spéciale de l’Assemblée nationale, visant la suppression des Ceser (…) est une attaque brutale contre la démocratie participative et la parole des corps intermédiaires », a ainsi dénoncé le Ceser de Bourgogne-Franche-Comté.
« Motifs invoqués pour biffer l’existence de ces instances consultatives composées en moyenne d’une centaine de représentants de la société civile, leur coût et leur inutilité », explique FAS. Selon le député (LR) qui présidait cette commission, les Ceser sont « un lieu de dialogue qui a en fait la même fonction qu’une association de quartier ou un bistro » et dont les « rapports qu’ils produisent, a poursuivi le député Les Républicains, ne sont pas forcément lus par les élus ». Un Ceser est un lieu de concertation qui rend des avis et des préconisations sur les politiques publiques régionales, soit à la demande du Conseil régional, soit de sa propre initiative, rappelle France Assos Santé. Son objectif est d’éclairer le travail des élus-es territoriaux-les, en relayant la parole et les aspirations de leurs concitoyens-nes. Nommés-es pour six ans, ses membres sont issus-es pour un tiers des syndicats, un tiers du patronat et un dernier tiers de l’associatif.
« C’est une attaque frontale à la démocratie citoyenne », a dénoncé Gérard Raymond, président de France Assos Santé. Et de conclure : « N’en déplaise aux élus à la gâchette facile, La France n’est pas le nouveau Far-West, tel que dessiné par l’actuel président des États-Unis. Même si depuis quelques années les corps intermédiaires n’ont plus guère voix au chapitre, la vie démocratique mérite mieux qu’une grande braderie. »
En bref, deux infos Santé et Droits
Déserts médicaux : un premier pas vers la régulation de l'installation des médecins
Serpent de mer. Pour lutter contre les déserts médicaux, les députés-es ont adopté mercredi 2 avril l’article phare d’une proposition de loi transpartisane, visant à réguler l’installation des médecins sur le territoire ; l’examen du reste du texte étant prévu début mai. « Six millions de Français sont sans médecin traitant, huit millions de Français vivent dans un désert médical », a martelé le député Guillaume Garot (PS), à l’initiative de la proposition de loi depuis 2022 avec un groupe transpartisan (plus de 250 députés-es cosignataires, de LR à LFI), indique l’AFP. Une inégalité qui crée un « sentiment délétère pour notre République qui a failli dans sa promesse d’égalité de tous devant la santé », a-t-il soutenu. L’article adopté régulerait l’installation des médecins libéraux-les ou salariés-es, qui devraient solliciter l’aval de l’Agence régionale de santé (ARS). Il serait octroyé de droit dans une zone qui connaît un déficit de soignants-es, mais dans les territoires mieux pourvus, le-la médecin ne pourrait s’installer que lorsqu’un-e autre s’en va. L’article, supprimé de justesse en commission, a été rétabli avec une confortable majorité dans l’hémicycle (155 voix contre 85), malgré l’opposition du gouvernement. « Une pénurie de médecins, même potentiellement régulée, reste une pénurie », a argué le ministre de la Santé et de l’Accès aux soins, Yannick Neuder, évoquant un risque de déconventionnements, de départs de médecins à l’étranger, et une « perte d’attractivité de l’exercice médical ». Une quinzaine d’organisations des principaux représentants des médecins libéraux s’étaient opposées à la mesure, affirmant qu’une régulation « coercitive » aurait des « effets contre-productifs » sur l’accès aux soins.
Immigration : des données européennes et des réflexions quant à leur usage
Des données concernant les personnes immigrées en Europe ont fait l’objet d’un article publié sur la plateforme « EU Health Policy Platform ». On y apprend qu’en 2023, 4,3 millions de personnes ont immigré dans l'UE en provenance de pays non-membres de l'UE. Par rapport à 2022, ce chiffre a diminué de 18 %. Ce chiffre n'inclut pas les personnes demandeuses d'asile ni les réfugiés-es d'Ukraine sous protection temporaire dans certains pays. En outre, 1,5 million de personnes ont migré entre les pays de l'UE. Ce chiffre reste stable par rapport à 2022.
D’un point de vue statistique, on estime qu’au total, il y avait dix immigrants-es en provenance de pays non-membres de l'UE pour 1 000 résidents-es dans l'UE en 2023. Par rapport à la taille de la population résidente, Malte a enregistré le taux d'immigration le plus élevé en provenance de pays hors EU en 2023 (76 immigrants-es pour 1 000 résidents-es), suivie par Chypre (43) et le Luxembourg (40). En revanche, la Slovaquie a enregistré le taux d'immigration le plus faible, avec une personne immigrante pour 1 000 résidents-es, suivie par la France (6) et l'Italie (7). Ces informations proviennent des données sur l'immigration publiées aujourd'hui par Eurostat. Comme le fait observer un militant, bon connaisseur des enjeux de santé et des droits des personnes étrangères, qui a commenté ces données : « la panique morale autour de la "submersion migratoire", hélas reprise par le Premier ministre, est bien une théorie mensongère de l'extrême-droite et doit être démontée par tous les moyens (chiffres compris). » Reste que selon lui, on ne doit pas s’arrêter à ce seul aspect. En effet, il note que le « nombre d'immigrants-es s'explique aussi par des politiques migratoires nationales et européennes (partiellement) dissuasives, violentes voire meurtrières ». Il préconise de « plaider pour la liberté de circulation (et donc potentiellement plus d'immigrants, mais mieux accueillis) en montrant l'impact des politiques répressives en matière d'immigration sur la santé des personnes et la santé publique plus largement. » Il estime aussi qu’il « est préférable de parler de "crise de l'accueil" plutôt que de crise migratoire pour réorienter le focus sur les politiques plutôt que sur les personnes en termes de responsabilité (notamment sur l'épidémie, mais pas seulement). » Sa crainte est qu’à trop se focaliser sur l'argument du "nombre de migrants", on ne s’y enferme et qu’on valide « finalement "l'efficacité" de la politique migratoire française et européenne, plutôt que de la remettre en cause ». Il rappelle qu’à l'occasion des élections européennes de 2019, le secteur Plaidoyer de AIDES avait réalisé une vidéo pédagogique (hélas toujours d'actualité) qui peut permettre d'avoir des arguments à porter dans ce débat. Voici le lien vers la vidéo.
Concernant l'historique de l'utilisation par les politiques de la "submersion migratoire", le militant préconise de lire cet article de Ouest France.