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    L’Actu vue par Remaides : « Chaque tentative compte » : une campagne pour « encourager » l’arrêt du tabac »

    • Actualité
    • 27.02.2025

     

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    DR

    Par Jean-François Laforgerie

    "Chaque tentative compte" :
    une nouvelle campagne pour
    encourager l'arrêt du tabac

    « Plus on essaie d’arrêter de fumer, plus on a de chances de réussir » : le gouvernement a lancé, mardi 18 février, une nouvelle campagne de prévention pour « encourager » toutes les tentatives d’arrêt du tabac, « même infructueuses », qui n’en constituent pas moins des « étapes » vers le sevrage définitif.
    En bref et en fin d’article une autre info sur les produits.

    « Le tabac tue 75 000 Français chaque année, faisant de lui la première cause de mortalité évitable dans notre pays », et cette campagne entend « encourager à persévérer dans l’arrêt du tabac », expliquent dans un communiqué les ministres Catherine Vautrin (Travail, Santé, Solidarités, Familles) et Yannick Neuder (Santé et Accès aux soins). Lancée par le gouvernement, Santé publique France (SPF) et l’Assurance maladie, la campagne se veut incitative en valorisant les personnes fumeuses qui s’engagent dans ce « processus » vers l’arrêt. « Chaque tentative est une victoire sur le chemin vers une vie plus saine », soulignent les ministres, rappelle l’AFP. L’objectif n’est pas de « stigmatiser » mais « d’accompagner » pour « sortir du tabac », a souligné Catherine Vautrin lors d’une interview sur RMC.

    Menée « en deux vagues », ― du 16 février au 17 mars, puis du 18 mai au 19 juin ― la campagne se déclinera sur différents supports : affiches, messages sur les réseaux sociaux, vidéos en ligne incluant des témoignages, ou encore spots télévisés dressant une « analogie entre des situations de vie ― comme apprendre à surfer ou le métier de serveur ― et l’arrêt du tabac ». Les personnes consommatrices seront redirigées vers le site et le numéro d’aide de Tabac info service (39 89), ou l’application d’e-coaching Tabac info service. Près d’un-e Français-e sur trois déclare fumer, selon une étude de Santé publique France publiée en novembre. Le tabagisme avait enregistré une nette baisse en France à la fin des années 2010, après plus d’une décennie de campagnes anti-tabac, mais le mouvement s’était interrompu lors de l’épidémie de Covid-19. Les chiffres ont depuis tendance à stagner, malgré des éléments encourageants, notamment le déclin, en 2023, de la part de Français-es déclarant fumer quotidiennement.

    Le tabac reste le principal facteur de risque de cancer du poumon ; le cancer le plus meurtrier avec 30 400 décès chaque année en France. Il frappe de plus en plus les femmes. Le gouvernement réfléchit à d’éventuelles nouvelles mesures anti-tabac, et, « dans les réflexions, il y a, par exemple, les périmètres autour des lycées, des lieux ouverts (...) où on voit plein de lycéens fumer », selon Catherine Vautrin. « Notre objectif à moyen terme est d’aller vers une génération sans tabac », sachant qu’actuellement environ 17 % des jeunes fument, a-t-elle affirmé. Depuis début février, le prix des paquets de cigarette a été augmenté de 20 à 50 centimes selon les marques, une hausse insuffisante selon les associations de lutte contre le tabagisme.

    En bref, une info sur les produits

    Deux députés proposent une légalisation du cannabis

    Légaliser le cannabis, dépénaliser la détention de quantités relativement faibles de stupéfiants, améliorer la gestion des ports... deux députés insoumis et macroniste, Antoine Léaument et Ludovic Mendes, ont présenté lundi 17 février leurs propositions contre les trafics de stupéfiants, à quelques semaines de l’arrivée à l’Assemblée d’un texte contre le narcotrafic, déjà débattu au Sénat. « Le courage politique commande de traiter enfin le sujet de la consommation, sans complaisance ni démagogie », écrivent les députés, dans un rapport consulté par l’AFP. Les deux élus sont parvenus à formuler 63 propositions, dont 46 communes aux deux parlementaires.
    Leur préconisation la plus commentée est la « légalisation de l’usage et la détention du cannabis à des fins personnelles selon un modèle étroitement régulé par l’État ». « Il ne s’agit pas de contester la nocivité de cette substance, mais d’offrir une réponse pragmatique », arguent-ils, cités par l’AFP. « La légalisation permettrait d’assécher une partie du marché illégal pour la transférer vers un marché légal accompagné en termes de santé publique, (et) en termes de lutte contre les addictions », a défendu le député Ludovic Mendes, interviewé sur RMC. « C’est la dimension de santé publique qui est la plus intéressante », a insisté le député Antoine Léaument auprès de l’AFP, qui appelle à une « véritable réforme globale ». Les deux élus proposent la création d’une « autorité de régulation du cannabis » chargée de « délivrer les licences professionnelles aux producteurs et aux détaillants », contrôler les normes restreignant la vente, ou encore « planifier la production et fixer les prix ». Ils divergent, en revanche, sur certaines modalités, Antoine Léaument préférant un prix fixé par l’État et une interdiction de vente aux mineurs-es, quand Ludovic Mendes privilégie une fixation par le marché et une interdiction aux moins de 21 ans. L’entourage du chef du groupe et du parti macroniste Renaissance, Gabriel Attal, contacté par l’AFP, a clairement pris ses distances vis-à-vis de ce rapport, soulignant qu’il n’a jamais été envisagé « une légalisation du cannabis pour lutter contre le narcotrafic ». Il a, en outre, rappelé l’attachement de l’ancien Premier ministre à l’examen rapide d’un texte contre le narcotrafic déjà adopté au Sénat. Gérald Darmanin a, lui aussi, tiré à boulets rouges sur la proposition lors d’un déplacement dans l’Orne. « C’est une faiblesse de l’esprit, pour ne pas dire une trahison de l’esprit, que de proposer la dépénalisation », a critiqué le garde des Sceaux, lui-aussi membre de Renaissance. Une autre mesure devrait être très commentée : les députés proposent de « dépénaliser l’usage simple de stupéfiants » (cocaïne, ecstasy/MDMA, champignons hallucinogènes, etc.), pour « concentrer l’action répressive sur les trafiquants ». Concrètement une personne consommatrice qui serait contrôlée avec une dose relativement peu importante, se la verrait confisquée, mais ne recevrait pas de peine, et serait redirigée vers une structure de soins ou d’accompagnement.
    Là encore, les députés divergent sur le seuil : Antoine Léaument veut que les consommateurs-rices ne bénéficient de cette mesure qu’en-dessous de trois grammes détenus, pour passer ensuite par la judiciarisation, mais veut aussi supprimer les amendes forfaitaires délictuelles pour l’usage de produits stupéfiants. Ludovic Mendes propose de continuer à appliquer ces amendes forfaitaires entre trois et six grammes détenus, puis d’engager des poursuites au-delà de six grammes. Les deux élus auront l’occasion de défendre certaines propositions par amendement lors de l’examen à venir d’un texte contre le narcotrafic déjà adopté au Sénat, qui doit consacrer la création d’un parquet national anticriminalité organisée, et compléter l’arsenal répressif. Antoine Léaument prévoit également le dépôt d’un texte portant la mesure de dépénalisation de la détention de produits stupéfiants.
    Le ministre de l’Intérieur a réagi le 18 février. La légalisation du cannabis « ne marche pas », a assuré Bruno Retailleau. « Je suis contre. Totalement contre. Et ce qui se passe, dans les pays qui ont pu légaliser, montre que la légalisation de la drogue, notamment dite douce, ça ne marche pas », a avancé le ministre sur TF1.
    « Regardez, par exemple, la Californie : bien qu’ils aient légalisé la vente, plus de 70 % se fait par des réseaux parallèles (...) Est-ce que par exemple la Hollande a fait des progrès sur le parcours trafic depuis qu’elle a légalisé ? », a-t-il poursuivi. « On sait parfaitement que sur le cerveau d’un jeune, ça peut avoir ― et c’est documenté scientifiquement ― des conséquences catastrophiques », a ajouté Bruno Retailleau, qui s’inquiète également d’un marché parallèle « tenu par les trafiquants », à l’image de ce qui se passe avec les cigarettes de contrebande. « Il ne s’agit pas de contester la nocivité de cette substance mais d’offrir une réponse pragmatique », ont bien souligné les députés auteurs du rapport, défendant aussi un volet de santé publique et de lutte contre les addictions.